jeudi 9 août 2007

Jeudi 2 Août 2007 – Jour 77 – La tête dans le guidon

Hier, alors que nous allions sortir des laboratoires pour aller manger, un gardien fermait la
porte et ne nous l’a pas ouverte pour que nous passions, nous avons du faire le grand tour
pour nous échapper (nous avons appris aujourd’hui que des ordinateurs portables ont été
dérobés et que jusqu’à nouvel ordre ces grilles seront cadenassées).
Aujourd’hui, une femme descendait l’escalator d’un supermarché situé dans le centre
commercial du stade à contresens, n’ayant peut-être pas vu celui qui descendait, juste en face.
D’une manière générale, les Chinois ont cette faculté de répéter, d’obéir, mais trop peu de
prise de recul. Cet avis est partagé par la quasi-totalité des étrangers que j’ai pu croiser ici.
Même en milieu professionnel, les employés sont souvent très bons dans leur domaine, mais
incapable d’être polyvalents ou de prendre un peu de latitude sur ce qu’ils font.
Au laboratoire, en suivant le protocole de nos expériences actuelles, nous devons rincer une
seringue avec un solvant dont personne ne semble connaître les propriétés.
Yale avait voulu nous faire visiter les laboratoires, mais a été bien incapable de nous expliquer
d’autres expériences que celle sur laquelle elle travaille (même celle qui se déroule dans la
même pièce !).
Même Eason, notre professeur de chinois a parfois du mal à nous expliquer telle tournure,
telle écriture d’un sinogramme à partir de signes de base. L’apprentissage est ainsi fait, on
apprend par cœur, on comprendra plus tard.
Tous les Chinois nous répètent que la France est romantique, ils disent aussi que les Anglais
sont des gentlemen (ils associent aussi l’Allemagne à Hitler…), mais peu peuvent en dire
davantage.
Bien sûr il ne s’agit pas d’une vérité générale et ce serait une injure de le penser. Certains
individus se détachent du lot.
Par exemple le chauffeur de taxi qui nous a conduits une fois, à Shanghai. Comme il nous
disait apprécier Nicolas Sarkozy, je lui ai répondu par politesse que j’aimais bien Hu Jintao. Il
m’a alors répondu ne pas partager mon point de vue (les habitants de Shanghai semblent ne
pas trop porter le dirigeant chinois en haute estime), sans toutefois être plus loquace. La
politique reste un sujet à ne pas trop aborder. Mais cette réaction est bien différente de celle
de la copine de Jeff, un collègue de Sysmo, qui déclarer n’aimer que son président…
D’une manière globale, les Chinois savent bien imiter, mais ont du mal à innover, à créer. La
pensée de masse est encore bien présente, même si l’Occidentalisation commence à se faire
sentir.

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