vendredi 14 septembre 2007

Fin du stage

Nous sommes arrivéd en France jeudi 6 septembre vers 22H30. Dès que j'ai fini mes"obligations" (rapport de stage, soutenance, intégration des nouveaux entrants) je termine ce carnet avec ce que j'ai écrit durant les 3 semaines de vadrouille en Chine....s'il y a encore du monde qui lit ce blog !

mercredi 15 août 2007

Jeudi 8 Août 2007 – Jour 84 – Le tourisme à la chinoise

Chose frappant au premier abord, lors de la visite du temple Lingyin, nous
sommes tombés (par un portique pas si dérobé) sur un temple ancestral…
en construction ! Au milieu du bâtiment s’entassaient des matériaux de
construction et des outils.
Les Chinois se soucient rarement du patrimoine, de la préservation de lieux, pourvu qu’un
maximum de monde puisse y avoir accès. Après tout, nous avons bien vu des poubelles
implantées dans la roche des plus hauts sommets des Montagnes Jaunes !

Les visites organisées en groupe sont très courantes et tout le monde, vêtu d’une casquette de
la même couleur, et suivant un guide qui agite un petit drapeau pour s’assurer que personne
ne s’éloigne du troupeau, se photographie près des endroits renommés. Cela est autant pour la
beauté (qu’il faut parfois trouver) de ces endroits, que pour montrer qu’ils y étaient.
Lorsqu’un Chinois rencontre des étrangers, il cadre le cliché sur le
groupe de laowai plutôt que d’avoir la perspective d’un décor attrayant
derrière (cela est survenu à maintes reprises)
Il est parfois difficile, pour un étranger non initié, de comprendre la signification d’un lieu, d’un symbole. Souvent, les Chinois ont du mal à nous fournir des explications. Ce qui est connu l’est sans savoir toujours pourquoi.

C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés à traverser un pont de Hangzhou, guidés par des
collègues chinois de Nicolas. Aucune explication des locaux, et les regards des étrangers
incrédules. Certes, nous traversons un pont célèbre de la ville, mais quelle est son histoire,
mis à part qu’il est à la fois une voie routière et ferroviaire puisqu’une ligne passe sous nos
pieds, entre le route et le fleuve Qiantang ? La réponse se fait toujours attendre…
Mercredi 7 Août 2007 – Jour 83 – Chômage technique

L’ordinateur de la machine sur laquelle nous travaillions avait un petit défaut : il
n’enregistrait plus les graphiques des expériences. Petit problème d’acquisition de données,
grand remède : ce matin l’écran affichait « Operating System undetected » et nous avons
appris qu’il allait subir une mise à jour matérielle. Yale nous a déclaré avec une franchise
étonnante qu’il n’y avait rien que nous ne puissions faire actuellement, et nous a encouragé à
nous promener dans la ville et aux alentours. En d’autres termes, notre stage est terminé et
nous allons pouvoir nous consacrer à l’écriture du rapport de stage.
Mardi 6 Août 2007 – Jour 82 - Temples bouddhistes

Avec Nicolas et quelques uns de ses collègues, nous avons entrepris aujourd’hui de visiter,
pour de bon cette fois, le temple Lingyin.
Rendez-vous devant notre résidence pour un départ juste après le déjeuner. Je décide de m’y
rendre en vélo, tandis que mes comparses préfèrent le taxi. En appuyant un peu sur les
pédales, je mets moins de 20 minutes pour me rendre sur place, où je pique-nique en
attendant le reste de la troupee.

Avant d’entrer dans l’enceinte du temple à proprement parler, nous sommes accueillis par des
bouddhas sculptés dans la roche.
Nous visitons ensuite les trois salles de prière décorées de statues géantes à l’honneur de
l’Eveillé. Il est souvent entouré des statues à l‘allure antipathique, dont la fonction est
d’éloigner les mauvais esprits.
Défense de prendre des photos bien entendu, mais les flashs crépitent et les gardes font
semblant de tenir leur rôle (dans le temple du grand Bouddha, cinq gardiens imposent
l’interdiction…dans le coin qu’ils occupent tous, le reste peut aisément remplir des pellicules
ou plutôt des cartes mémoires). La tentation est trop forte…
Après une longue visite du site, les collègues de Nicolas veulent grimper sur la colline, comme
nous l’avions fait la dernière fois. Nicolas et Pierre-Michel rentrent en taxi, et je choisis de
profiter de mon moyen de locomotion pour visiter un autre temple, proche mais dissimulé, le
temple Fajing.
L’entrée est six fois moins chère (à peine 10 yuans), le temple est bien plus petit, mais peutêtre
aussi plus authentique. En cette heure tardive (17 heures, l’heure du dîner approche), je
suis le seul visiteur. Je peux mieux me promener dans ce périmètre, dont je fais rapidement le
tour. Une salle à manger ouverte sur la cour emplie de verdure, et une musique, ou plus
exactement des chants qui proviennent de je ne sais où.

Un temple au milieu de la cour, duquel je m’approche, me fournira la réponse. Je suis arrivé
durant l’office religieux. Les chants se répètent et semblent interminables. Je m’assieds sur des
escaliers pour profiter de cette ambiance hors du temps.
Je rentre ensuite à la résidence, où je retrouve Nicolas et Pierre-Michel pour aller manger. Le
fast food musulman étant bondé, nous optons pour un petit restaurant chinois. Les affaires
commencent mal, personne ne parle anglais et surtout la carte est intégralement en chinois
(sans les photographies habituelles). Nous choisissons au hasard trois plats, et du riz.
Mauvaise pioche pour Nicolas, qui a sélectionné une sorte de bouillon,
un mélange de foie et de tofu.
Nous rentrons un peu sur notre faim.
Dimanche 4 Août 2007 – Jour 80 – Un dernier petit effort

C’est donc très tôt que nous avons quitté notre sommeil, pour rejoindre le troisième sommet
le plus élevé des Montagnes Jaunes, éclairés à la lumière de deux lampes de poche et de
quelques téléphones portables. Quarante-cinq minutes de marche en guise de réveil
musculaire et sur place, déjà des touristes au sommet. Nous parvenons tout de même à nous
faufiler pour trouver de bonnes places sur le rocher.
Malheureusement, des nuages masquent le soleil et sa
luminosité rouge qui couvre habituellement les sommets.
Nous apprécions tout de même la vue et la nuit qui se dissipe
à travers les pics lointains.
Ne perdons pas de temps ! Nous reprenons la marche pour
arriver, après une descente vertigineuse, nez à nez avec deux arbres soutenus par des câbles
qui constituent un symbole comme l’aiment les Chinois. Deux arbres qui symbolisent
l’hospitalité chinoise. Des barrières encadrent la file d’attente pour tous les randonneurs qui
veulent se faire photographier devant. Nous attendons patiemment…














Suite à cela, Fei nous propose, comme hier, de faire bande à part et d’emprunter un sentier
plus long que les autre. Objectif : gravir le deuxième sommet le plus élevé, le premier étant
fermé aujourd’hui. Il nous avertit qu’il est très dangereux, c’est peut-être ce qui nous a décidé,
au fond. Un collègue nous rejoint et nous sommes donc 5 à tenter l’aventure.

L’ascension sera assez rapide, car les marches (nous en avons compté 1314,
à tour de rôle) sont plutôt abruptes, au point que nous nous demandons
comment nous allons pouvoir descendre. Au sommet, une vue imprenable
sur les montagnes longilignes que nous surplombons.

Vient ensuite le plus difficile et le plus périlleux : la descente.
Sur des marches parfois glissantes, parfois humides, parfois inclinées, et aidés d’une corde,
d’une rampe sculptée ou de notre seul équilibre, nous entamons la descente.














Petite surprise sur le chemin, nous croisons des singes. Au premier
abord inoffensifs, ils réagissent mal aux flashs qui les assaillent.
Pierre-Michel et moi restons en retrait tandis que les trois autres
nous attendent un peu plus bas. Nous rassurons une mère de famille
restée avec ses enfants, apeurée en voyant les singes s’approcher de
nous. Nous gardons notre calme et les animaux s’éloignent. L’orage
est passé, nous reprenons notre chemin.
Nous rejoignons finalement les restes de notre groupe. Le temps de se désaltérer et nous
continuons la descente pour retourner à notre bus.
Nous croisons quelques porteurs qui montent sur leurs épaules, suspendus à une branche de
bambou, les produits vendus au sommet, des valises, ou des bouteilles de gaz (!).
Après ce dernier effort, nous prenons place dans le bus. Une petite halte pou déjeuner, et
nous reprenons notre sommeil pour ne nous réveiller qu’à Hangzhou. Nous retournons vite
dans nos chambres pour nous reposer un peu nos mollets sur nos lits pas si inconfortables que
cela, finalement.

jeudi 9 août 2007

Samedi 3 Août 2007 – Jour 79 – La tête dans les nuages

Rendez-vous matinal fixé à 6h20 pour prendre un petit déjeuner (pains à
la viande, œuf, légumes) avant de nous mettre en route vers la
montagne.

Le paysage, au loin, est magnifique, mais abrupt !
Nous commençons à monter des marches pour
atteindre notre hôtel. L’ascension durera toute la matinée.
En chemin, nombre de Chinois nous demandent
de prendre des photos avec eux, ce que nous
acceptons de bon cœur. Comme un peu partout, ils
sont amusés par les étrangers que nous sommes.
Alors nous répondons aux « hello » des enfants et
prenons des photos. Dure, dure, la vie de laowai…

Nous pique-niquons à proximité de notre hôtel avant d’y déposer nos
affaires. Les jambes déjà engourdies, nous retournons gravir les marches.
Notre guide nous propose deux chemins : l’un de 3h de marche, l’autre
faisant 5h. Accompagnés de Fei, nous choisissons la voie de la difficulté.
Nous partons alors observer un phénomène impressionnant et fascinant :
une « mer de nuages ». Nous avançons sur un espace large d’1m50 en ne
voyant devant nous que des nuages. Discrets au départ, ils envahissent
rapidement les flancs que nous suivons et recouvrent petit à petit tout ce
qui nous entoure. Nous distinguons vaguement quelques formes à travers
ce raz-de-marée.

Deux petites heures et demie nous aurons finalement suffi pour revenir à
notre point d’arrivée.
Au sommet, une affiche rappelle que Deng Xiaoping s’est déplacé ici en
1974, ce qui a redynamisé le site.
Reste une petite heure de marche pour rejoindre notre hôtel. Cette « petite
heure » aura raison de mes muscles et je devrai demander à mes compagnons plusieurs arrêts
pour me reposer.
Nous rejoignons finalement le reste du groupe, et avons même droit à quelques
applaudissements pour notre courage. Nous allons dormir dans une grande salle aménagée de
matelas et de quelques lits superposés.
En tant qu’organisateur, Fei se voit proposer une chambre et nous y invite.
Deux lits superposés remplissent la pièce étroite qui nous est allouée. Pas de douche, mais
quatre bassines à aller remplir pour se laver sommairement.
Fatigués, nous nous endormons rapidement, d’autant plus que le réveil est programmé à 4
heures pour aller admirer le lever du soleil sur les montagnes !
Vendredi 3 Août 2007 – Jour 78 – Y’a qu’un cheveu sur la tête à Mathieu

Départ donc à 8 heures, devant la porte principale de notre campus. Je comptais rattraper les
heures de sommeil de retard accumulées durant la semaine en dormant durant le trajet.
Mal m’en a pris ! Aussitôt après la présentation du voyage faite par une
organisatrice et une chanson interprétée par celle-ci, le micro nous a été
tendu pour nous présenter et entonner une chanson française. A demi
réveillés, Nicolas, Pierre-Michel et moi finissons, après une longue période
de recherche, à chanter « A la claire fontaine ». Nous avons ensuite passé le
relais. Une grande majorité du bus a suivi, dont notre tutrice, Yale.
Nous avons fait une courte halte dans l’après-midi à Fei Cui pour
nous dégourdir un peu et pour observer des lieux qui ont servi de
décor au film Tigres et Dragons. Les cartes étudiantes que nous
avons empruntées nous ont permis de bénéficier d’une réduction,
sans que les gardiens ne soient tout à fait dupes.

Après une halte purement touristique pour déguster le thé
local, nous avons pris le chemin de notre hôtel au pied des
montagnes, où nous nous sommes installés.
J’ai profité de la soirée pour accomplit ce que je m’étais promis depuis quelques temps : me
faire couper les cheveux « à la chinoise ». Je n’ai pas été déçu…









La nuit fut accueillie avec plaisir, après ce long voyage éprouvant.
Jeudi 2 Août 2007 – Jour 77 – La tête dans le guidon

Hier, alors que nous allions sortir des laboratoires pour aller manger, un gardien fermait la
porte et ne nous l’a pas ouverte pour que nous passions, nous avons du faire le grand tour
pour nous échapper (nous avons appris aujourd’hui que des ordinateurs portables ont été
dérobés et que jusqu’à nouvel ordre ces grilles seront cadenassées).
Aujourd’hui, une femme descendait l’escalator d’un supermarché situé dans le centre
commercial du stade à contresens, n’ayant peut-être pas vu celui qui descendait, juste en face.
D’une manière générale, les Chinois ont cette faculté de répéter, d’obéir, mais trop peu de
prise de recul. Cet avis est partagé par la quasi-totalité des étrangers que j’ai pu croiser ici.
Même en milieu professionnel, les employés sont souvent très bons dans leur domaine, mais
incapable d’être polyvalents ou de prendre un peu de latitude sur ce qu’ils font.
Au laboratoire, en suivant le protocole de nos expériences actuelles, nous devons rincer une
seringue avec un solvant dont personne ne semble connaître les propriétés.
Yale avait voulu nous faire visiter les laboratoires, mais a été bien incapable de nous expliquer
d’autres expériences que celle sur laquelle elle travaille (même celle qui se déroule dans la
même pièce !).
Même Eason, notre professeur de chinois a parfois du mal à nous expliquer telle tournure,
telle écriture d’un sinogramme à partir de signes de base. L’apprentissage est ainsi fait, on
apprend par cœur, on comprendra plus tard.
Tous les Chinois nous répètent que la France est romantique, ils disent aussi que les Anglais
sont des gentlemen (ils associent aussi l’Allemagne à Hitler…), mais peu peuvent en dire
davantage.
Bien sûr il ne s’agit pas d’une vérité générale et ce serait une injure de le penser. Certains
individus se détachent du lot.
Par exemple le chauffeur de taxi qui nous a conduits une fois, à Shanghai. Comme il nous
disait apprécier Nicolas Sarkozy, je lui ai répondu par politesse que j’aimais bien Hu Jintao. Il
m’a alors répondu ne pas partager mon point de vue (les habitants de Shanghai semblent ne
pas trop porter le dirigeant chinois en haute estime), sans toutefois être plus loquace. La
politique reste un sujet à ne pas trop aborder. Mais cette réaction est bien différente de celle
de la copine de Jeff, un collègue de Sysmo, qui déclarer n’aimer que son président…
D’une manière globale, les Chinois savent bien imiter, mais ont du mal à innover, à créer. La
pensée de masse est encore bien présente, même si l’Occidentalisation commence à se faire
sentir.

mercredi 1 août 2007

Mercredi 1er Août 2007 – Jour 76 – A nous les Montagnes Jaunes !

Alors qu’hier nous avons peiné à réserver avec Nicolas nous billets pour les Montagnes Jaunes, sans résultat car nous n’avons pas réussi à nous faire comprendre par la vendeuse, la chance nous a souri aujourd’hui.
Fei, notre collègue avec lequel nous étions partis à Dalian, nous avait annoncé qu’il organisait le voyage annuel du personnel du laboratoire, cette année aux Montagnes Jaunes. Il nous avait promis de nous y inviter. Le temps passant, nous avons décidé de bous y rendre par nos propres moyens.
Mais ce matin, Fei nous a rappelé cela, et nous proposé d’y aller…ce week-end ! Heureuse coïncidence qui nous a soulagés. Nous devrons juste « emprunter » des cartes d’étudiants étrangers à des personnes de notre résidence, pour bénéficier du tarif préférentiel de 150 yuans au lieu des 600 que nous nous apprêtions à dépenser hier. Nicolas pourra nous accompagner,en payant le tarif plein de groupe.
Mardi 31 Juillet 2007 – Jour 75 – Un peu de travail

Août approchant, les expériences devraient reprendre, comme nous l’avait annoncé Yale. Fin de notre oisiveté ? Oui…et non !

Nous sommes donc allés voir notre tutrice pour savoir si nous allions pouvoir enfin manipuler… Elle n’a pas du comprendre que nous attendions d’elle qu’elle nous donne du travail, depuis le début de notre stage, car elle semblait un peu étonnée, nous demandant à plusieurs reprises si justement nous étions occupés en ce moment. Lorsque je lui faisais remarquer que nous n’avions pas fait grand-chose, elle répondit qu’elle avait croisé Pierre-Michel dans la matinée. A court de conversation, elle m’a fait par trois fois la remarque que j’avais bien prononcé « Ni Hao » (Bonjour) en entrant dans la pièce, et a clos la non-discussion en nous faisant écouter de la musique chinoise…
Finalement nous travaillerons sur l’analyse de solutions issues de la liquéfaction de biomasses par spectroscopie de masse. Concrètement, après avoir rincé 15 fois une seringue avec un solvant puis 5 fois avec la solution à analyser, nous versons une quantité infime de celle-ci dans un appareil de mesure. Quelques paramètres à configurer sur un ordinateur et l’expérience est lancée, il n’y a plus rien à faire pendant l’analyse qui dure… 195 minutes ! Ou comment travailler sans en avoir l’impression. L’analyse est ensuite très répétitive…

Nous avons dîné en compagnie de Français notre résidence, dont l’un nous quitte demain, et d’un de leur collègue chinois, dans un restaurant conseillé par celui-ci. Une occasion pour notre camarade de goûter une dernière fois les spécialités locales ; tofu, coq (servi entier !), crevettes, raviolis, racines de lotus…
Dimanche 29 Juillet 2007 – Jour 73 – Le jardin Yu

En ce dernier jour de notre week-end à Shanghai, nous nous dirigeons vers le jardin Yu, le plus célèbre de la ville.
Quelque peu semblable au jardin que nous avons visité à Suzhou, le jardin Yu dispose harmonieusement des pagodes, décorées de rouleaux de calligraphie, entre un cours d’eau et un peu de verdure.
















A la recherche des vestiges d’une vieille mosquée situés à côté du jardin, nous nous promenons dans un quartier assez pauvre, où s’étale un marché où l’on peut acheter des animaux tués et éviscérés sur place, ou des fruits et légumes. Le contraste est frappant avec les gratte-ciels que l’on voit au lointain.


Samedi 28 Juillet 2007 – Jour 72 – Marchés et Zapata’s

Nous avons passé l’après-midi dans le marché du faux de Shanghai. En quelques bâtiments se concentrent toutes les contrefaçons imaginables, avec une concentration encore plus forte que ne connaît le marché de nuit de Hangzhou.
Devant l’immeuble principal, des vendeurs de nourriture : boulettes à base de poisson, poulpe, brochettes, fruits…






Nous nous séparons ensuite entre Anthony, Pierre-Michel et Nicolas, qui préfèrent aller manger une pizza, et Sysmo et moi, qui n’en ressentons pas l’envie et qui préférons profiter des dernières lueurs du jour pour visiter d’autres marchés.
Nous nous rendons donc dans la vieille ville au grand marché du faux indiqué sur mon plan.
A notre arrivée nous ne trouvons que des rabatteurs le long des rues… Nous finissons par nous laisser emporter par l’un d’entre eux, en espérant finir au regroupement de toutes les échoppes.
Après un premier magasin visité, nous sommes conduits dans un vieil immeuble. Premier étage, une porte sale et chancelante. Hésitants, nous entrons. La pièce est un véritable repaire de la contrefaçon, un temple de la copie ! Des dizaines de montres et de sacs de toutes les marques. Nous n’achèterons rien et repartons à la recherche du grand marché.
A l’emplacement indiqué sur la carte, une station de métro en construction. Nous questionnons les passants qui nous indiquent l’emplacement actuel…là où nous avons passé notre après-midi ! Premier échec.

Proche de là se trouve un grand marché aux fleurs. Allons-y ! Après avoir un peu errer dans le quartier, nous finissons par avoir la même surprise qu’auparavant. Les travaux du métro ont déplacé le point de rencontre des fleuristes de toutes la Chine (dixit le guide touristique). Nous marchons encore un peu pour trouver la nouvelle adresse.



Nous sommes un peu déçus. Nous avons du mal à comprendre si les fleuristes sont en train de s’installer ou de quitter l’endroit tant le désordre y règne.


Nous rejoignons ensuite des connaissances françaises de collègue de Sysmo. Nous allons finir notre repas dans une crêperie avec eux, en choisissant un mode économique.
Ensuite, nous rejoignons le reste de la troupe au Zapata’s, boîte de nuit prisée des expatriés. Nous restons quelques temps sur la terrasse, avant de décider de rejoindre les Français dans leur appartement pour finir la soirée.

lundi 30 juillet 2007

Vendredi 27 Juillet 2007 – Jour 71 – Le Bund et Pudong de nuit

« Quitte à ne rien faire à notre bureau, autant gagner un peu de temps en allant à Shanghai aujourd’hui, et profiter pleinement de l’un des derniers week-ends d’Anthony ici » fut notre idée du jour.


Aussi, Pierre-Michel et moi sommes allés en début d’après-midi à la gare, avec Nicolas. Malheureusement, aucun train n’était disponible avant 19 heures… Dur d’honorer notre rendez-vous sur place à 16 heures. Un peu malgré nous, nous avons consenti à emprunter l’un de ces bus, proposés par des rabatteuses aux abords de la gare, à un prix supérieur au CRH, le train express reliant Hangzhou à Shanghai en à peine 1h20.

Programme de notre soirée : Pudong de nuit, en descendant Nanjing Lu, la grande avenue du Bund.


Un bon avant-goût de notre week-end dans la ville.




Mercredi 25 Juillet 2007 – Jour 69 – Les Chinois et le recyclage

Qu’en est-il du rapport avec le recyclage en Chine, pays de l’achat éphémère – des vêtements aux objets de consommation -, à l’heure de la prise de conscience générale ?

Les poubelles en centre ville sont généralement doubles : un compartiment pour les détritus recyclables, un autre pour ceux qui seront incinérés. Des employés en vélo traînent parfois derrière eux des remorques de papier, de polystyrène ou de plastique, destinés au recyclage. Parfois, on vous demande votre bouteille vide. Il doit exister une rémunération au poids de certains matériaux.

(Notons sur cette photographie la présence du paquet de cigarettes vide jeté à quelques centimètres de la poubelle… Le dernier effort à faire pour avoir une ville propre ?)

Quant aux tickets de bus ou de métro, ils sont quasi-inexistants ! On paye le bus en versant la somme nécessaire (jamais plus de 2,5 yuans) dans une urne. Un carnet de ticket permet d’avoir un justificatif, mais à quoi bon ?

Hangzhou ne dispose pas encore de métro, mais voici j’ai pu constater à Shanghai :
La forme la plus répandue est celle d’une carte magnétique prépayée (avec une caution de 20 yuans) que l’on présente à une urne en entrant et en sortant des stations. Le montant est automatiquement calculé et il y a toujours un poste avec un agent a proximité si le montant excède le crédit de la carte. Il est toujours possible de payer pour un seul trajet. Dans ce cas, on bénéficie d’une carte, magnétique elle aussi, que l’on jette dans un collecteur à l’arrivée. Elle servira à nouveau lorsqu’elle sera activée ultérieurement.

Le système n’est pas parfait (notamment pour des raisons sanitaires… On voit dans notre campus les employés de la ville qui déversent les poubelles au sol avant de pelleter leur contenu dans une remorque qu’ils tirent à vélo en traversant la cité), mais possède quelques éléments intéressants, que l’on pourrait développer en Europe. Il aurait été surprenant qu’aucune mesure en faveur de recyclage des déchets ne soit prise dans des villes de cette ampleur.

Dimanche 22 Juillet 2007 – Jour 66 – Marché de la soie


Pour clore leur visite de Hangzhou, nous avons conduit Anthony et Sysmo au marché de la soie. Cela était aussi pour nous la première occasion d’avoir véritablement du temps à y passer.

Nous y ferons quelques achats, dont un peignoir rapidement négocié par Anthony à 100 yuans (10 euros !)

Samedi 21 Juillet – Jour 65 – De la visite !

Anthony et Sysmo sont arrivés en début d’après-midi pour passer le week-end dans « notre » ville. Première mission : les nourrir. Les restaurants du campus étant tous fermés, nous avons donc improvisé un pique-nique dans ma chambre.

Après nous être ainsi restaurés, nous avons pris la direction du lac. Le contact avec un peu de verdure a ravi nos visiteurs.



Après cela, nous nous sommes dirigés vers Hefang Jie, la vielle rue commerçante, traditionnelle et donc touristique.

La nuit tombant, nous avons ensuite rejoint Nicolas, qui tenait à nous faire goûter le vin de yangmei (je préfère le nom chinois à « arbouses »).

Ragaillardis par ce breuvage, nous sommes allés au G+, la boîte de nuit en vogue de la ville (ou plutôt Nicolas, habitué du lieu, nous y a emmenés).

Jeudi 19 Juillet 2007 – Jour 63 – Repas d’adieu de Sona

Aujourd’hui, nous avons dû écourter le cours de chinois pour répondre à l’invitation de Sona, une Indienne de notre résidence, qui nous a invités à partager sa dernière soirée chinoise.

Nous avons donc dîné dans un Teahouse, en compagnie de ses amis polonais, espagnol et indien. Un buffet varié, accompagné d’un thé délicat, a donc ponctué le séjour à Hangzhou de Sona, qui décolle demain en direction de Bombay

Mercredi 19 Juillet 2007 – Jour 62 – Marché de nuit

Nous avons testé le marché de nuit de Hangzhou (comme son nom l’indique, il ouvre en début de soirée, mais les stands ne restent pas après 22h30).

Nous avons donc déambulé durant une petite heure entre les stands de vendeurs de babioles, contrefaçon de montres et de sacs griffés, DVD, et autres babioles (on y trouve même des affiches de propagandes datant de Mao). Nos emplettes : une chemise modèle traditionnel et deux paires de lunettes, pour un total de 75 yuans.


lundi 16 juillet 2007

Lundi 16 Juillet 2007 – Jour 59 – Wo shi Faguo ren !


En allant dans les laboratoires, j’ai croisé aujourd’hui une bande d’enfants qui devaient avoir tout au plus 6 ans. A ma hauteur, j’ai entendu l’un glisser à son voisin « Meiguo ren » (« Un Américain »). Ce à quoi j’ai rétorqué « Wo bu shi Meiguo, wo shi Faguo ! » (« Je ne suis pas Américain, je suis Français »).

Je suis assez fier d’avoir pu comprendre une parole, bien qu’extrêmement basique, qui ne m’étais pas adressée.

Dimanche 15 Juillet 2007 – Jour 58 – Jardins des Martyrs de Longhua

Nous allons visiter le Jardin des Martyrs de Longhua.

Nous passons devant une statue « Indépendance, Démocratie, Révolution et Construction »… Le parc est bien aménagé, faisant cohabiter un cimetière militaire avec des murs aux inscriptions collectives. Une touche de calligraphie, un peu de verdure, l’endroit est agréable.



Samedi 14 Juillet 2007 - Jour 58 – Cocorico !

En ce jour de Fête nationale, nous rejoignons Anthony et Sysmo à Shanghai. Ils sont avec Jeff, un Français qui effectue à Shanghai son stage de fin d’étude dans la ville, et sa copine chinoise.


Nous prenons la direction des vieux quartiers. Les bâtisses rénovées au style ancien abritent des commerces.


Au loin se dessinent les contours des gratte-ciels de Pudong.



Le temps de déposer nos affaires chez Anthony, et nous filons à une soirée organisée par la Chambre de Commerce et de l’Industrie.

Nous avons rendez-vous au pied de la Pearl Oriental Tower avec d’autres Français, avant d’aller fêter le 14 Juillet en compagnies d’expatriés Français.

Vendredi 13 Juillet 2007 – Jour 57 – Un parfum d’Afrique

Après quelques heures de récupération, nous nous présentons dans le hall de l’hôtel pour partir en direction de l’aéroport. Certains n’ont pas dormi de la nuit. Un Hollandais partira avec un oreiller de sa chambre sous l’épaule, sans choquer personne…

Le soir, nous allons laver nos vêtements dans le bâtiment voisin. Des machines à laver sont en libre service. Nous rencontrons y un Africain cuisinant son repas. Nous discutons avec lui et il nous invite à passer un jour le voir dans sa chambre. « La Centrafrique et la France sont des pays amis. Vous êtes notre pays colonisateur ».

Nous restons médusés par ces propos, mais ravis de cette hospitalité.

Jeudi 12 Juillet 2007 – Jour 56 – Mutinerie

Un parfum de mutinerie souffle sur notre motel à notre réveil. Menés par un Anglais, un Russe et un Hollandais, nous faisons part à Maggie de notre intention de ne pas aller tourner aujourd’hui si notre salaire n’est pas revu à la hausse. Au lieu des 600 yuans (60 euros) prévus initialement, nous en réclamons 1000. (A titre de comparaison, un figurant Chinois est rémunéré 50 yuans pour une journée de tournage). Assez vite, la situation se débloque et nous obtenons gain de cause.

Nous retournons donc sur la plage, pour ramer devant un décor uniforme, au sec, en mimant la douleur des intempéries. Les deux groupes se relayent, sauf pour moi qui revêts un costume propre. J’ai ainsi le privilège de ramer sans interruption avec les deux troupes.

Ensuite, nous jouons à nouveau un débarquement. Avant d’aller manger, nous sommes quelques-uns à figurer dans une scène de combat. Je suis étendu au sol. Au signal je dois rouler pour sortir du champ.

Action ! Je reçois des projections de sable dans le cou avant d’effectuer mon retrait. Je passerai l’après-midi à subir le frottement des grains sur mes épaules rouges.

Les conditions sont meilleures que la veille. Maggie, pour calmer les esprits échauffés, est allée nous chercher des sandwichs et des ailerons de poulet au KFC. Nous avons même droit à des boissons fraîches (des bières pour certains) et un tube de crème solaire circule de main en main.

Cet après-midi, nous jouerons un assaut sur la plage et figurerons comme soldats morts pour une scène quelconque. Par une chance inexpliquée, Pierre-Michel et moi évitons le maquillage et j’arrive même à voir toute la scène, dissimulé sous mon chapeau.

Nous rentrons à l’hôtel prendre une douche. Nous sommes une quinzaine à repartir pour aller manger. KFC pour les Anglais, les Hollandais, les Irlandais et l’Américain, restaurant chinois pour les autres.

Après cela, nous cherchons une discothèque pour passer la soirée. Nous circulons dans des rues où l’on voit les gens massés sur le trottoir, regardant la télévision, avant d’arriver à destination, à bord d’une camionnette dans laquelle nous tenons à une dizaine.

L’endroit est un peu glauque et je sors rapidement me promener dans la ville avec les deux Polonais. Au détour d’une rue, nous tombons sur une usine plus ou moins clandestine. Nous n’arrivons pas à apercevoir l’intérieur, car les vitres sont obstruées.

Nous faisons demi-tour pour rejoindre les autres. Certains sont sortis de la boîte et veulent rentrer à l’hôtel. Je retrouve dans ce groupe Pierre-Michel et les deux Français de notre campus, que j’accompagne.

Nous rentrons donc dans un véhicule conduit par des Chinois peu rassurants. L’hôtel se profile finalement, et nous profitons d’une nuit de sommeil pour oublier nos réticences.

Mercredi 11 Juillet 2007 – Jour 55 – Action !

Réveil difficile à 7 heures. Nous avons rendez-vous devant l’hôtel, où Maggie nous sort un petit-déjeuner composé de boules de riz, de petits pains, d’un oeuf et d’un gobelet de lait chaud.

Nous prenons ensuite la direction du lieu de tournage : la plage. Nous nous changeons en marins français.

Taiwan, 1895 : Les Français tentent d’envahir l’île. Du moins telle semble être l’intrigue principale.

Nous sommes séparés en deux groupes. Je fais partie de celui qui va passer la matinée à débarquer sur la plage, à repartir au large, et à ramer en grimaçant. Nos compagnons d’armes sont en train de combattre les Chinois. Les pertes sont uniquement pour le compte de l’armée française.

A midi, nous nous reposons moins d’une heure, et mangeons des plateaux repas. Il est temps de repartir au front. Nous prenons à nouveau place dans les barques.

Le soleil tape fort et commence à attaquer le moral de notre troupe d’acteurs. Nous rejoignons finalement l’autre groupe pour mener des opérations armées au sol. On me met un fusil à air comprimé dans les mains, chargé, en me demandant de tirer devant moi, en visant les Chinois me faisant face… Je préfère tirer en l’air. Nous avons en réalité des fausses balles, qui produisent uniquement le bruit d’une explosion…

Dernière figuration de la journée. Nous sommes quelques-uns à foncer nous baigner dans une mer chaude.

Nous nous changeons et partons en direction du KFC de la ville voisine, où veut manger la majorité de la troupe. Je rejoins deux Français pour tenter un restaurant local. Crevettes, coquillages et tofu constituent principalement notre repas.

Nous rentrons à l’hôtel pour mieux observer nos coups de soleil et nous dévêtir de nos vêtements ensablés.

Après cette scène, nous devons figurer pour un combat entre un redoutable combattant chinois et de faibles fantassins français. Nous sommes déjà mort, au sol. Notre visage est maculé de charbon et de faux sang. Nous mourrons face à la caméra, tandis que les figurants chinois jouant les soldats français meurent tête baissée ou recouverte de leur chapeau « Marine de la France ».

Dernière figuration de la journée. Nous sommes quelques-uns à foncer nous baigner dans une mer chaude.

Nous nous changeons et partons en direction du KFC de la ville voisine, où veut manger la majorité de la troupe. Je rejoins deux Français pour tenter un restaurant local. Crevettes, coquillages et tofu constituent principalement notre repas.

Nous rentrons à l’hôtel pour mieux observer nos coups de soleil et nous dévêtir de nos vêtements ensablés.

Mardi 10 Juillet 2007 – Jour 54 – Le marché du thé

Suivant les conseils de Vincent, qui rentre d’ailleurs aujourd’hui au Mexique, nous sommes allés passer l’après-midi au marché du thé de Hangzhou. Après avoir tourné en rond quelques temps, nous avons fini par trouver les fameuses échoppes couvertes.

Disposant de peu de temps avant notre rendez-vous pour le départ à Xiamen, nous avons cependant goûté quelques variétés de thé, et fait quelques achats (des théières et du thé Oolong et Pu’er).

Nous nous sommes ensuite rendus au point de rendez-vous pour prendre un bus jusqu'à l’aéroport. Au total 20 figurants étrangers, parmi lesquels 6 Français, 3 Irlandais, 2 Hollandais, 2 Anglais, 2 Polonais, 2 Russes, 1 Américain, 1 Australien, 1 Slovaque.

Nous arrivons à Xiamen vers 23 heures. Dès la sortie de l’aéroport, les Anglais et les Irlandais font arrêter les cars pour acheter de la bière.

L’hôtel dans lequel nous avons dormi est tout à fait insalubre. Des décors de cinéma traînent dans le hall, sur une couche de poussière recouvrant la totalité du sol.

Dans notre chambre, la peinture est écaillée, la poubelle n’est pas vidée, on trouve des choses diverses dans les tiroirs : les carnets de comptes d’un Teahouse, un jeu de domino, des appliques murales… Heureusement, la salle de bain est plus correcte, elle n’est qu’un peu sale et l’eau n’est pas opaque. Les lits sont néanmoins confortables, c’est l’essentiel. Apparemment nous ne sommes pas les plus mal logés. Nous dormons moins de 5 heures dans cet hôtel irréel.

dimanche 8 juillet 2007

Vendredi 6 Juillet 2007 – Jour 50 – C’est l’été !

Cette fois ça y est, c’est sûr, nous sommes en plein été ! Le mercure s’est durablement installé au-delà des 35 degrés et l’humidité ambiante est chaque jour dure à braver.

En revenant de la cantine, nous croisons Fei, qui nous propose un karaoké dans l’après-midi. Nous n’allions pas refuser de l’accompagner dans un lieu prisé de la jeunesse chinoise !

Nous voilà donc embarqués pour mettre à l’épreuve nos cordes vocales et nos oreilles dans une petite salle, en compagnie de Fei et de deux de ses amies.

Nous nous efforçons d’interpréter (à notre manière) les chansons anglaises du répertoire (des chansons de John Lennon, Queen ou même…Céline Dion), en buvant des smoothies dans des gobelets multicolores.

A peine rentrés, nous enchaînons sur le cours de chinois. Avec un grand intérêt, nous avons commencé à apprendre l’écriture chinoise avec Eason.

Jeudi 5 Juillet 2007 – Jour 49 – Acteurs ?!

Sébastien, un Français que nous avons rencontré précédemment qui est en stage dans un autre département de l’Université, nous annonce qu’il a été recruté pour figurer dans Taiwan 1895. De plus, il nous assure qu’il reste 2 places de figurants étrangers et que nous pourrions les combler. Pourquoi pas ? Nous allons demander la permission à Yale de nous absenter la semaine prochaine, de mardi à vendredi, pour les besoins du tournage. Celle-ci nous répond « No problem, you are free », ce que ne nous étonne pas outre mesure.

Nous décollerons donc de Hangzhou mardi soir pour nous rendre à Xiamen, en face de Taiwan.

Mardi 3 Juillet 2007 – Jour 47 – Repos pour les designers

Le petit déjeuner est majoritairement salé. C’est pour moi l’occasion de tester l’aiment le plus étrange qu’il m’ait encore été donné de goûter en Chine : un cube de la consistance du tofu, salé, avec un petit piment à l’intérieur, recouvert de sauce sucrée, un peu comme de la confiture. Je garde mes impressions et grimace un sourire en affirmant que j’aime. Il est important de ne pas perdre la face.

Nous observons toute la matinée des maquettes de projets de zone résidentielle ou commerciale. Nous allons ensuite prospecter un terrain de bord de mer, futur terrain de golf.






Nous déjeunons avec le vice-président du port industriel de Dalian, qui nous demande au cours du repas les raisons de notre visite, en tant que designers. J’improvise une réponse vague.

Nous comprenons rapidement que la conférence était un prétexte, un appât, pour que nous accompagnions les professeurs. Fei nous expliquera plus tard qu’il est bien vu d’avoir avec soi un étranger. Peu importe que nous soyons stagiaires d’une école d’ingénieur ou designers, de toute façon nous ne comprenons pas le chinois.

Nous jouons notre nouveau rôle en début d’après-midi, lorsque nous nous rendons sur l’emplacement d’un complexe hôtelier à construite, pour l’instant terrain agricole cultivé par quelques agriculteurs, au milieu de poules et de vaches.

Nous repartons ensuite à Dalian où nous posons nos valises dans un hôtel cinq étoiles, le SweetLand Hotel. Un décor boisé est reproduit dans le hall et le restaurant. Nous partagerons une chambre double avec Fei.



Demain, nous quitterons le climat frais de Dalian pour retourner à Hangzhou. Cette parenthèse de fraîcheur nous a fait le plus grand bien.

Nous laisserons donc Dalian derrière nous, cette ville en construction pour devenir un grand port chinois, proche de Pékin et de la Corée.

A vrai dire, je suis plutôt ravi de retrouver Hangzhou, car Dalian m’a laissé l’impression d’une illusion industrielle, d’une ville sans âme profonde ni réelle personnalité

Lundi 2 Juillet 2007 – Jour 46 – Arrivée à Dalian : l’incompréhension

Réveillé par Pierre-Michel à 8h10, je me rends compte que nous avons rendez-vous 10 minutes plus tard pour partir à Dalian. Je me prépare aussi vite que je peux pour rejoindre Fei, notre collègue chinois. Un monospace vient nous chercher, avec 2 professeurs et une étudiante, qui partiront avec nous.

Nous décollons vers 10 heures et arrivons à Dalian deux heures plus tard.

A notre arrivée, nous entrons dans un minibus avec d’autres personnes, des scientifiques sûrement…

Au lieu d’assister à la conférence, nous allons visiter des agences immobilières, et maquettes de villes…

Apparemment nous sommes avec un groupe d’investisseurs. Nous commençons à nous poser des questions quant à notre présence… Fei semble tout aussi perdu que nous et du mal à nous expliquer le déroulement de la journée.


Le soir, nous déjeunons avec ce beau monde, dans un hôtel d’une ville voisine de Dalian où nous passerons la nuit, dans des chambres très confortables. L’établissement est la propriété d’un des hommes que nous accompagnons. Sur son bureau était posée en évidence une plaque indiquant qu’il était la 75è fortune de la ville (qui compte plus d’un million d’habitants).

A table, les plats copieux sont déposés sur un plateau tournant et nous nous plions à la coutume de remercier nos hôtes en trinquant avec eux. Nous apprécions la spécialité locale, une sorte de brioche fourrée aux épinards.

Soudainement, tout le monde se lève, alors que le repas ne semblait pas fini. PM et moi échangeons un regard, interloqués.

Nous retournons tous dans le minibus et prenons la direction du centre ville. Sur la grand place se déroule une fête de la bière locale. Une scène est montée, où se produisent des représentations de chant, de danse et de kung fu.

Nous nous installons à une table où arrivent vite des crevettes, des coquillages, des brochettes et plusieurs caisses de bière.

Après une multitude de gambei, nous finissons sur la scène. Nous tentons de bredouiller quelques mots en chinois, ce qui provoque l’hilarité de la foule. Pierre-Michel s’essaye à la guitare, je l’accompagne en frappant dans les mains, et nous retournons à notre place.

Nous sommes une véritable attraction pour les habitants de cette petite ville, qui voient peu d’étrangers. Quelques uns nous prennent en photo.

Nous rentrons vite à l’hôtel passer une courte nuit.